mardi 14 mars 2017

STEVE ROACH: Fade to Gray (2016)

“Purely ambient! No rhythms or something that sounds like it, but always the magic of Steve Roach is so present”
1 Fade to Gray 73:54
Timeroom Editions | TM41 ***½
(Ambient Drone Music)
And me who thought that our friend Steve had reached his dark and meditative limits of ambient music with monuments of contemplative introspection such as This Place to Be and Shadow of Time in 2016! Now he ends the year with a pair of albums of abstract music where the shadows of the silence are as much intuitive as undisciplined. “Fade to Gray” is a heavy album and without rhythms. Even not these wave motions which repeal the linear and abstract music. No! No rhythms at all! Maybe an undulatory strength which would suck up and switch off the fires of candles, but nothing more.
Quietly, the long immersive wave gets in our ears for the next 74 minutes. The effect of hollow breeze amplifies a soundscape which is similar to a rise of grey clouds which we observe on the bed of a mountain. These clouds which move silently hide nevertheless a deaf anger which magnetizes the elements of the color grey. We hear here and there notes, as breaths, ill-assorted roaming and closing like oysters. But for the main part, “
Fade to Gray” is a long circular tornado which moves by the strength of the drones and of their magnetism to form a compact mass where the sound gets lost in its longitudinal waves. Beautiful? How the sound of grey can be beautiful? It’s like to be swallowed by a huge magma of drones with the risk to deafen our capacity to extract some harmonious symbiosis from a floating stony heap. But some people will say that it's the ideal music to plunge into a vegetative state where we disconnect from the reality. It’s the principle of the aforesaid albums higher, as well as the series Immersions or, more recently, the 4 CD boxset of Bloodmoon Rising which seems to have lost a 5th CD during the final mastering. We found it here. We always have the everlasting discussions Lise and I, as well as with my friend Bernard, to knowing if music such as “Fade to Gray” is real music. If Lise finds that monotonous, Bernard on his side mentions that Steve Roach had reached the limits of ambient music at the end of the 80’s by making reference to Quiet Music. Only the power differs. Here, the waves which roll like a corridor towards the void are of a power to swallow our aura, to inhale us towards the most intense of the relaxations. A little as if Steve Roach succeeded in joining us, in erasing time. And it's, according to me, the most beautiful quality of his ambient music which he lets murmur through a corridor of humming which fade in a finale where the grey passes from dark to translucent.
If one likes the ambient music dark and meditative, we should talk about it to the godlesses. Otherwise, we move on. But for once in your life, let yourself wrap by the universe of ambiences from
Steve Roach's soundscapes. And you will understand then why when we have the ears full of his music, we simply cannot take off from it. Strong and solid Steve Roach!

Sylvain Lupari (March 14th, 2017)
gutsofdarkness.com & synthsequences.blogspot.ca
You will find this album on Steve Roach Bandcamp page here
CHRONIQUE EN FRANÇAIS

Et moi qui pensait que l’ami Steve avait atteint ses limites de musique d’ambiances sombres et méditatives avec des monuments d’introspection contemplative tels que This Place to Be et Shadow of Time en 2016! Voilà qu’il termine l’année avec un duo d’albums de musique abstraite où les ombres du silence sont autant intuitives qu’indisciplinés. “Fade to Gray” est un album lourd et sans rythmes. Même pas ces mouvements ondulatoires qui abrogent la musique linéaire et abstraite. Non, aucun rythmes! Peut-être une force ondulatoire qui pourrait aspirer ou éteindre les feux de chandelles, mais sans plus.
Tranquillement, la longue vague immersive infiltre nos oreilles pour les 74 prochaines minutes. L’effet de brise creuse amplifie un panorama sonique qui s’apparente à une montée de nuages gris que l’on observe sur le lit d’une montagne. Ces nuages qui se déplacent en silence cachent pourtant une colère sourde qui magnétise les éléments de la couleur gris. On entend ici et là des notes, comme des souffles, disparates errer et se refermer comme des huîtres. Mais pour l’essentiel, “Fade to Gray” est une longue tornade circulaire qui se mue par la force des drones et de leur magnétisme à former une masse compacte où le son se perd dans ses ondes longitudinales. Beau? Comment le son du gris peut-être beau? C’est comme être englouti dans un gros magma de bourdonnements avec la menace d’assourdir notre capacité à extraire une quelque symbiose harmonique d’un amas de pierre flottant. Mais certains diront que c’est la musique idéale pour se plonger dans un état végétatif où l’on se déconnecte de la réalité. C’est le principe des albums précités plus haut, ainsi que de la série Immersion ou, plus récemment, le coffret 4 CD de Bloodmoon Rising qui semble avoir perdu un 5ième CD lors du mastering final. On le retrouve ici. Nous avons toujours le sempiternel débat Lise et moi, ainsi qu’avec mon ami Bernard, à savoir si la musique telle que “Fade to Gray” est réellement de la musique. Si Lise trouve ça monotone, Bernard trouve que Steve Roach a atteint les limites de la musique d’ambiances à la fin des années 80 en faisant référence à Quiet Music. Seule la puissance diffère. Ici, les vagues qui roulent comme un tunnel vers le vide sont d’une puissance à avaler notre aura, à nous aspirer vers la plus profonde des relaxations. Un peu comme si Steve Roach parvenait à nous rejoindre, à effacer le temps. Et c’est selon moi la plus belle qualité de ses musiques d’ambiances qu’il laisse murmurer à travers un corridor de vrombissements qui s’effacent dans une finale où le gris passe de sombre à translucide.
Si on aime la musique d’ambiances sombres et méditatives, on louangera cet album aux impies. Sinon on passe à autre chose. Mais une fois dans votre vie, laisser vous transporter par l’univers d’ambiances de Steve Roach. Et vous comprendrez pourquoi qu’une fois que nous avons les oreilles dedans, on ne peut en décoller. Du très grand Steve Roach!
Sylvain Lupari (14/03/2017)

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